Les filles et les STEM : Une myriade de possibilités | UNICEF Canada : Pour chaque enfant Skip to main content

Sebabatso est une jeune femme positive, créative et déterminée qui espère transformer le monde, et plus particulièrement la vie des gens pauvres et vulnérables. Elle termine ses études secondaires et a déjà posé sa candidature pour suivre divers programmes dans le but d’obtenir plusieurs diplômes, car elle est convaincue qu’elle pourra transformer sa vie grâce à l'éducation qu’elle recevra et aux perspectives qui se présenteront. Elle croit fermement à la défense des droits d’autrui, spécialement lorsqu’il s’agit des filles. 

Le programme Techno Girl auquel participe Sebabatso a été créé par l’UNICEF en partenariat avec Uweso Trust et le ministère de l’Éducation d’Afrique du Sud. Ce programme donne aux étudiantes douées des écoles secondaires en milieu défavorisé l’occasion de se familiariser avec les carrières dans le domaine des STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques), grâce à l’observation en situation de travail et au mentorat, et vise à leur donner la possibilité d’avoir la formation dont elles ont besoin pour pouvoir postuler des emplois liés au domaine de l’économie numérique dans les secteurs public et privé. La participation de Sebabatso au programme l’a préparée au milieu de travail, tout en l’encourageant à croire en ses rêves, à prendre des décisions éclairées et à servir de modèle dans l’évolution positive de sa communauté. 

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Sebabatso sur le toit de sa maison à Ivory Park. [© UNICEF/UNI363393/Schermbrucker]

« C’est un endroit de rêves brisés », dit Sebabatso à propos d’Ivory Park - un canton densément peuplé à 35 kilomètres au nord-est de Johannesburg, où elle habite avec sa famille. « Tu nais ici, tu abandonnes les études, tu t’amouraches d’un garçon, puis tu te retrouves enceinte. Beaucoup de filles ne terminent pas leurs études. » C’est là où habite Sebabatso, dont la mission est de changer sa communauté en y projetant une image positive et en encourageant jeunes et vieux à se battre pour réaliser leurs rêves. 

« Je suis d’avis que naître dans la pauvreté n’est pas un choix, mais que mourir dans la pauvreté l’est », dit-elle. « La plupart des filles de ma communauté ne vont pas à l’université, mais savez-vous combien il est difficile de trouver un emploi sans avoir les qualifications ou les relations nécessaires ? Vous pouvez aller au centre commercial avec votre CV en mains et on l’acceptera, mais aussitôt que vous serez reparti, on le mettra à la poubelle. »

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Sebabatso (centre gauche) à l’extérieur de sa maison avec sa mère, Annah (centre droit), et ses deux sœurs, Palesa (à droite) et Lerato (à gauche). [© UNICEF/UNI363391/Schermbrucker]

Dans sa famille, Sebabatso est l’enfant du milieu et elle habite avec sa mère monoparentale, Annah, et ses deux sœurs, Lerato, 12 ans et Palesa, 21 ans. Leur logis est l’un de six qui se partagent une cour destinée à une seule maison. L’une des nombreuses idées de Sebabatso est d’élaborer un programme de télécommunication technologique qui enseigne aux gens les droits de l’homme, et ce, non seulement dans leur communauté, mais aussi dans toute l’Afrique. 

Sa mère, Annah, travaillait comme domestique dans une famille aisée des banlieues de Johannesburg. Elle est très fière d’avoir une fille pleine de vie et d’énergie comme Sebabatso, une dirigeante née qui est à la hauteur du prénom qui lui a été donné, lequel signifie grosso modo le ‘bien le plus précieux’, ou une ‘bénédiction’. Regardant avec fierté sa fille assise en face d’elle dans la cuisine, Annah dit : le nom Sebabatso est un mot sésotho, un nom unique que très peu de gens ont ou donnent.

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Sebabatso et sa meilleure amie Bianca se saluent au moyen d’un « high-five » en traversant à pied le parc commercial de Roche Pty Ltd. [© UNICEF/UNI363479/Schermbrucker]

Il y a trois ans, Sebabatso et son amie intime, Bianca, ont été sélectionnées pour le programme Techno Girl à titre d’étudiantes de haut niveau de l’école secondaire Allanridge. Dans le cadre du programme, qui vise à améliorer la vie d’étudiantes d’écoles secondaires provenant de milieux défavorisés, les deux amies ont passé tous leurs congés scolaires dans des gratte-ciel, profitant des occasions d’observation en situation de travail et de mentorat offertes dans l’affluent district d’affaires de Sandton. 

« Bianca et moi essayons toujours de nous encourager un peu l’une l’autre lorsque nous rentrons à pied ensemble après l’école. Nous nous persuadons lune l’autre que nous allons réussir notre examen de math et ça marche! Nous rêvons énormément; c’est pourquoi j’apprécie tant notre amitié. Nous avons pris l’habitude d’aller ensemble chez Roche à Sandton et d’admirer tous ces grands espaces, ces maisons, ces domaines. Nous regardons ça et nous nous disons qu’un jour ce sera notre tour de conduire de telles voitures. » 

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Sebabatso clavarde à distance avec sa mentor, Pretti Jagjivan (sur l’écran), dans les bureaux de Roche Pty Ltd. [© UNICEF/UNI363468/Schermbrucker]

Roche, l’une des plus grandes entreprises de biotechnologie au monde, développe des médicaments et des tests diagnostiques dans le secteur des soins de la santé. Sebabatso est d’avis que le programme a rendu plus réel son rêve de devenir une scientifique biomédicale. Elle est appuyée par deux mentors, Pretti Jagjivan et Christina De Simone, qui l’ont encouragée à mettre en avant ses idées innovatrices sur les problèmes d’injustice au sein de sa communauté. Cette expérience a donné à Sebabatso la confiance nécessaire pour entreprendre deux projets personnels. 

« Pendant la pandémie, nous dit-elle, je croyais avoir la COVID-19 et je suis allée passer un test dans une clinique locale. Il y avait là une femme enceinte assise près de moi en plein soleil. Une infirmière a demandé à cette femme si elle était venue pour un test de COVID-19, mais celle-ci a répondu qu’elle était là pour le programme prénatal. On lui a répondu que ce programme se déroulait le matin et qu’elle devrait revenir le lendemain. Imaginez le temps qu’elle a perdu. Et si elle habitait très loin et n’avait pas d’argent pour un taxi ? » Sebabatso poursuit : « J’en ai conclu qu’il serait bien utile que l’hôpital puisse communiquer avec les patients et envoyer des avis aux patients âgés pour leur rappeler de prendre leurs médicaments ou aux personnes séropositives, souvent stigmatisées dans les hôpitaux lorsqu’elles viennent chercher leur traitement antirétroviral (ARV), pour leur indiquer à quel moment venir chercher leur médicament à la clinique ou à l’hôpital. » 

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Sebabatso répond à une question au sujet de l’hormone prolactine devant sa classe durant le cours de sciences. [© UNICEF/UNI363451/Schermbrucker]

Sebabatso est d’avis que ses études en sciences l’aident à déterminer comment voir et comprendre les choses. Elle dit : « J’ai eu la chance d’être une Techno Girl et d’apprendre ainsi beaucoup de choses. Si davantage de filles pouvaient avoir la même expérience que moi, elles pourraient, elles aussi, avoir de grandes ambitions. Je veux être la voix du peuple et dire à chacun que son histoire mérite d’être racontée et que ses rêves peuvent être réalisés. »

« J’ai eu la chance [de voir en action le programme Techno Girl], les filles présentes y apprenaient (…) les systèmes administratifs et la comptabilité. Il s’agit de leur apprendre comment fonctionne le monde des affaires et d’accroître ainsi leur chance de suivre éventuellement des programmes d’études dans ce domaine » dit Carey Garrett, un donateur, supporteur de longue date de l’UNICEF, qui a eu la chance de visiter l’un des sites de placement alors qu’il était en voyage d’affaires en Afrique du Sud. 

Depuis la création du programme en 2006, plus de 10 000 filles provenant des neuf provinces d’Afrique du Sud ont participé au programme Techno Girl. Le programme aide les filles à poursuivre leurs études, à se marier et à avoir des enfants plus tard, ainsi qu’à mieux gagner leur vie. Elles sont alors prêtes à devenir les dirigeantes de demain, à promouvoir la justice sociale, à soutenir le développement économique et à combattre la pauvreté.