Le rôle de l’UNICEF en Israël et à Gaza
- Quel est le rôle humanitaire de l’UNICEF lors d’un conflit armé?
- Quels sont les principes humanitaires universels qui guident les opérations de l’UNICEF et ses efforts de défense des droits des enfants?
- Pourquoi l’UNICEF fait-il référence aux « parties au conflit » sans les nommer directement?
- L’engagement de l’UNICEF en faveur de la neutralité et d’autres principes humanitaires l’empêche-t-il de dénoncer les violations des droits des enfants?
- L’UNICEF s’est-il exprimé sur les violations des droits des enfants commises en Israël et à Gaza?
- Comment l’UNICEF choisit-il les images d’enfants à publier en ligne?
- En quoi consiste l’intervention de l’UNICEF en Israël?
- En quoi consiste l’intervention de l’UNICEF à Gaza?
- Quelle est la réponse de l’UNICEF aux rapports selon lesquels l’aide ne parvient pas à tous ceux à qui elle est destinée?
- Quelle est la réponse de l’UNICEF aux photographies circulant en ligne faisant état de l’utilisation de ses boîtes de fournitures à d’autres fins, y compris, prétendument, pour entreposer des armes?
- Quelles sont les mesures prises par l’UNICEF visant à contrer le détournement de l’aide?
- Quel est le rôle humanitaire de l’UNICEF au sein du système plus large des Nations Unies?
- Comment l’UNICEF et l’UNRWA travaillent-ils de concert à Gaza?
- Que demande l’UNICEF?
1. Quel est le rôle humanitaire de l’UNICEF lors d’un conflit armé?
Le mandat humanitaire de l’UNICEF est de contribuer à atténuer les souffrances des enfants, peu importe qui ils sont et où ils vivent.
Dans certains cas, lorsque les ressources sont facilement accessibles pour répondre aux besoins des enfants pendant une urgence, il s’agit d’offrir des conseils et du soutien aux décideurs sur place. Dans d’autres cas, nous devons mobiliser les équipes et le matériel de l’UNICEF, en collaboration avec les gouvernements et nos partenaires, pour leur venir en aide directement.
L’UNICEF a pour objectif d’apporter une aide essentielle aux enfants en situation de crise, conformément au droit international humanitaire et aux lois internationales sur les droits de la personne, notamment la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989. Ratifiée par presque tous les pays, cette convention sous-tend le travail de l’UNICEF dans tous les contextes. Lors de conflits armés, elle complète les principes universels qui guident nos opérations d’aide humanitaire et nos efforts de défense des droits de l’enfant.
L’UNICEF exerce ses activités de manière impartiale et neutre depuis 1946. À cette époque, notre mission était de venir en aide à tous les enfants touchés par la guerre, quel que soit le rôle joué par leur pays dans les combats. Aujourd’hui, cette mission reste inchangée. Impartiaux aux termes de notre procédure, nous ne sommes jamais neutres lorsqu’il s’agit d’aider les enfants dans le besoin.
2. Quels sont les principes humanitaires universels qui guident les opérations de l’UNICEF et ses efforts de défense des droits des enfants?
En tant qu’organisme humanitaire actif, l’UNICEF se doit de respecter les principes d’humanité, d’impartialité, de neutralité et d’indépendance. Nous nous efforçons de défendre ces principes universels dans tous les contextes, par nos actions et nos paroles.
- Humanité : La souffrance humaine doit être prise en compte partout où elle se manifeste. L’action humanitaire a pour but de sauver des vies, de protéger la santé et d’assurer le respect des êtres humains. L’UNICEF s’efforce d’aider et de protéger tous les enfants vulnérables, en traitant chacun d’entre eux avec dignité et respect.
- Impartialité : L’UNICEF répartit et fournit son aide en fonction des besoins et sans discrimination fondée sur la nationalité, l’ethnicité, la race, l’âge, le sexe, la langue, le handicap, les convictions religieuses, la classe sociale, l’orientation sexuelle, l’identité de genre, les opinions politiques ou autres.
- Neutralité : L’UNICEF s’abstient de s’engager dans des controverses de nature politique, raciale, religieuse ou idéologique, et ne prend pas parti dans les hostilités.
- Indépendance : L’action humanitaire doit être menée de manière autonome par rapport aux objectifs politiques, économiques, militaires ou autres que tout intervenant peut avoir dans les zones où l’action humanitaire est mise en œuvre. L’UNICEF est indépendant de tout objectif politique, économique, militaire, de sécurité ou autre.
Les principes humanitaires sont essentiels à l’accomplissement de notre mandat au sein des Nations Unies. Ils guident les décisions programmatiques et opérationnelles de l’UNICEF, tout en permettant aux travailleurs de première ligne de gagner la confiance des communautés que nous cherchons à servir. Dans les environnements dangereux – et surtout lors d’un conflit armé –, la sécurité des travailleurs humanitaires dépend de l’acceptation des personnes qui participent aux combats. Sans cela, nous ne pouvons pas venir en aide aux enfants.
Nos politiques humanitaires et nos efforts pour défendre les droits de l’enfant suivent ces mêmes principes. L’UNICEF est chargé de promouvoir et de protéger les droits de tous les enfants, en s’appuyant principalement sur la Convention relative aux droits de l’enfant et ses Protocoles facultatifs, ainsi que le droit humanitaire international. Par conséquent, nos efforts humanitaires pour défendre les droits de l’enfant consistent également à encourager le respect des normes et des principes de droit internationaux et régionaux.
L’engagement de l’UNICEF en faveur des principes humanitaires nous a permis de poursuivre nos activités dans des situations complexes depuis notre création. Aujourd’hui, nous sommes présents dans plus de 190 pays. Neutres et impartiaux, nous ne sommes jamais indifférents lorsqu’il s’agit de prendre soin des enfants.
3. Pourquoi l’UNICEF fait-il référence aux « parties au conflit » sans les nommer directement?
Le mandat de l’UNICEF dans le cadre de tout conflit consiste à protéger les droits des enfants et à atténuer leurs souffrances. Cela signifie d’exhorter les parties impliquées dans les combats à respecter les obligations qui leur incombent en vertu du droit international, afin de servir au mieux les intérêts des enfants pris dans les hostilités. Cela signifie également de s’efforcer de fournir à ces enfants de l’aide vitale, quel que soit l’endroit où ils se trouvent.
La dénonciation publique de l’une ou l’autre des parties au conflit peut compromettre l’action humanitaire de l’UNICEF dans des contextes complexes et dangereux, et notamment son accès aux enfants dans le besoin. Cela peut également menacer la sécurité des enfants et des travailleurs humanitaires.
En tant qu’agence humanitaire opérationnelle, l’UNICEF doit veiller à ce que les travailleurs humanitaires puissent accéder en toute sécurité aux enfants de chaque camp de la violence, en minimisant les enjeux de sécurité liés aux activités sur place. La protection de l’accès humanitaire exige une communication ouverte avec toutes les parties impliquées dans les combats.
Dans certaines situations, l’UNICEF estime qu’il est nécessaire de nommer des parties précises en raison des obligations qui leur incombent en vertu du droit international en matière de droits de l’enfant. Ce faisant, l’UNICEF tient compte des conséquences potentielles sur sa capacité à fournir en toute sécurité de l’aide humanitaire vitale aux enfants.
Lorsque nous nous exprimons publiquement, nous nous conformons aux principes humanitaires. Notre objectif consiste à attirer l’attention du monde sur les conséquences des crises humanitaires sur les enfants. Le seul parti que nous prenons est le leur.
Conformément à ses Principaux engagements envers les enfants, l’UNICEF recueille également des rapports sur les violations graves commises à l’encontre des enfants dans les pays touchés par un conflit. Nous y procédons en coordination avec d’autres agences de l’ONU afin de faire progresser les efforts de plaidoyer visant à mettre fin et à prévenir les violations commises à l’encontre des enfants et d’éclairer les programmes d’urgence. L’UNICEF n’a pas pour mandat d’enquêter sur les violations du droit international ni de prendre des décisions juridiques concernant les responsables de ces violations.
4. L’engagement de l’UNICEF en faveur de la neutralité et d’autres principes humanitaires l’empêche-t-il de dénoncer les violations des droits des enfants?
Non. L’UNICEF continuera à dénoncer ce type de violations, notamment les violations graves des droits des enfants vérifiées commises par tous ceux qui prennent part à la violence, conformément à son mandat de défense des droits et de protection de chaque enfant, partout dans le monde.
Notre mandat consiste notamment à mener des activités de plaidoyer visant à garantir un accès sûr, rapide et sans entrave à tous les enfants dans le besoin dans le respect des principes humanitaires. La manière dont l’UNICEF s’exprime dans des contextes humanitaires et le lieu où il le fait sont déterminés par des évaluations des risques qui accordent la priorité aux enfants pris dans les conflits et à la lutte efficace contre les violations graves de leurs droits.
Les enfants ne sont pas responsables de la guerre. Nous plaidons auprès de tous les acteurs concernés pour qu’ils respectent leurs obligations en vertu du droit international, qui confèrent aux enfants des protections spéciales en toute circonstance.
5. L’UNICEF s’est-il exprimé sur les violations des droits des enfants commises en Israël et à Gaza?
Oui. Depuis les premiers jours de la guerre, l’UNICEF n’a pas cessé de s’exprimer fermement, en public comme à huis clos, sur les violations des droits des enfants commises en Israël et à Gaza.
Même les guerres sont soumises à des règles. Le meurtre et la mutilation d’enfants constituent une violation grave condamnée par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Les attaques visant des écoles et des hôpitaux constituent des violations graves. L’enlèvement d’enfants – en tant qu’acte intentionnel de violence ou de représailles, pour les agresser sexuellement, pour instiller la peur au sein des populations, et dans absolument toute autre circonstance – est une violation grave. Le déni de l’accès humanitaire à des enfants est une violation grave.
Nous condamnons toutes les violations des droits des enfants commises tout au long de cette crise : les conflits armés leur infligent les dommages les plus graves et les plus odieux. Privés de leurs droits de la personne fondamentaux, les enfants vivant la guerre sont également exposés à des formes de violence inadmissibles, y compris la violence sexuelle – une violation grave –, l’arrestation illégale et la détention.
Nous avons lancé des appels aux dirigeants mondiaux tout au long du conflit : tous les enfants touchés par ces combats doivent être protégés contre de nouvelles souffrances. Peu importe les circonstances, ils ne doivent jamais être attaqués.
Déclaration publique sur les violations des droits des enfants commises à Gaza
Depuis les tout premiers jours des hostilités croissantes dans la bande de Gaza, l’UNICEF a appelé sans équivoque à un cessez-le-feu humanitaire immédiat. Comme beaucoup d’autres organismes, nous avons plaidé pour que cesse le massacre des enfants. Nous avons imploré la cessation des bombardements d’écoles, d’hôpitaux et d’autres infrastructures civiles. Nous avons plaidé pour l’ouverture de tous les points de passage vers la bande de Gaza, et pour la circulation sécuritaire et sans entrave des travailleurs et des fournitures humanitaires dans toute la bande de Gaza.
Mais aujourd’hui, la bande de Gaza est l’un des endroits les plus dangereux au monde pour les enfants. Et lorsque les combats prendront fin, il est probable que cette situation persiste étant donné qu’il s’agit de l’endroit où l’on s’attend à trouver la plus forte concentration de munitions non explosées sur la planète.
Déclaration publique sur les violations des droits des enfants commises en Israël
L’UNICEF a appelé à la libération immédiate, sécuritaire et inconditionnelle de tous les otages israéliens et étrangers retenus à Gaza, qu’il s’agisse d’enfants, de femmes ou d’hommes. La prise d’otages constitue un crime de guerre, interdit par le droit international humanitaire en toute circonstance.
Depuis le 9 octobre 2023, l’UNICEF a publiquement fait pression en faveur de la libération des otages. Nous avons réitéré ces revendications auprès du Conseil de sécurité, implorant l’adoption d’une résolution prévoyant la libération de tous les enfants enlevés.
Des fonctionnaires de haut rang de l’UNICEF se sont également rendus à Gaza, en Cisjordanie et en Israël pour rencontrer les familles des victimes et faire pression pour que des mesures humanitaires soient prises en faveur des enfants ayant survécu à toutes les violations.
Pour en savoir plus sur le travail de l’UNICEF pour aider à protéger les enfants lors de crises humanitaires, poursuivez votre lecture ici.
6. Comment l’UNICEF choisit-il les images d’enfants à publier en ligne?
Les reportages sur les enfants confrontés à la guerre, aux conflits et à d’autres formes de violence risquent de les exposer à d’autres dangers. Lorsqu’il s’agit de décider si le récit ou les images d’un enfant doivent être diffusés et de quelle manière, l’UNICEF accorde la priorité à la sécurité, à la dignité et à l’intérêt supérieur de l’enfant avant toute autre considération, y compris le plaidoyer. Les enfants en danger imminent, en particulier, doivent être protégés des risques de représailles ou d’exploitation.
Les lignes directrices de l’UNICEF sur les reportages et la représentation éthiques des enfants et des jeunes permettent de protéger ces derniers contre les conséquences involontaires et néfastes de l’attention des médias. Pour les enfants survivants d’abus, il s’agit notamment de prévenir le risque que ceux-ci soient à nouveau traumatisés en racontant leur histoire ou stigmatisés au sein de leur communauté.
L’ensemble du personnel de l’UNICEF a pour devoir de veiller à ce que ses gestes ne mettent pas les enfants en danger. En cas de doute sur la possibilité que des communications publiques augmentent le risque de représailles, d’exploitation ou de préjudice pour un enfant, l’UNICEF privilégiera toujours la sécurité de l’enfant.
7. En quoi consiste l’intervention de l’UNICEF en Israël?
À l’instar de la présence de l’UNICEF au Canada, les gouvernements des pays à revenu élevé, comme Israël, disposent généralement d’une capacité adéquate pour répondre aux urgences. Dans des circonstances extraordinaires, à la demande du gouvernement, l’UNICEF peut apporter un soutien supplémentaire, par exemple un soutien psychosocial aux enfants.
Dans plus de 30 pays où l’UNICEF ne déploie pas ses activités programmatiques, les comités nationaux de l’UNICEF constituent notre voix et nous aident à recueillir des fonds pour le travail de l’UNICEF partout dans le monde, visant à promouvoir les droits de l’enfant et à sensibiliser le public au sort des enfants menacés par la pauvreté, les catastrophes, les conflits armés, les mauvais traitements et l’exploitation. Il existe un comité national pour l’UNICEF en Israël, semblable à UNICEF Canada, qui a été établi en 2009 pour informer le public en Israël au sujet des droits des enfants et pour recueillir des fonds au soutien du travail vital de l’UNICEF dans le monde.
Pour en savoir plus, cliquez ici : unicef.org.il.
8. En quoi consiste l’intervention de l’UNICEF à Gaza?
L’UNICEF vient en aide aux enfants palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza depuis le début des années 1980. Après la création de l’Autorité palestinienne en 1994, l’UNICEF a nommé son premier représentant spécial au service des enfants palestiniens.
À l’aide de notre personnel à Jérusalem et dans la bande de Gaza, nous nous efforçons de faire respecter les droits des enfants et de leur fournir des services et des soins essentiels. Nos équipes veillent à ce que les enfants aient accès à de l’eau, à des produits d’assainissement et d’hygiène, à l’éducation, ainsi qu’à des services de soins de santé et de protection, tout en soutenant les politiques et les programmes sociaux qui protègent les enfants des conséquences à long terme de la pauvreté et de l’exclusion.
Pour en savoir plus sur l’intervention humanitaire de l’UNICEF à Gaza, cliquez ici.
9. Quelle est la réponse de l’UNICEF aux rapports selon lesquels l’aide ne parvient pas à tous ceux à qui elle est destinée?
L’aide de l’UNICEF ne parvient pas à tous les enfants qui en ont urgemment besoin. L’acheminement des fournitures humanitaires à l’intérieur et à travers la bande de Gaza constitue un effort intensif, soumis à des contraintes considérables.
Les camions transportant des secours doivent faire l’objet de plusieurs étapes d’inspection avant de pénétrer dans la bande de Gaza, et les cargaisons sont de plus en plus souvent rejetées pour des motifs imprévisibles. Les articles nécessaires à la réparation et au fonctionnement des usines d’eau, tels que les tuyaux en plastique, ont été interdits sans justification apparente. Les fournitures médicales essentielles sont également soumises à des restrictions similaires.
La pénurie de carburant et de camions ne fait qu’exacerber les complications aux points de contrôle, alors que de nombreux véhicules des Nations Unies ont été saccagés ou abandonnés à la suite de notre évacuation forcée du nord de la bande de Gaza. Sur les quelque 500 camions de marchandises acheminés chaque jour vers la bande de Gaza avant le 7 octobre, seul un quart d’entre eux environ parvient à circuler à l’heure actuelle.
Les conducteurs qui réussissent à y accéder doivent naviguer dans des conditions impossibles. Rafah est un point de passage conçu pour les piétons, et non pour les camions. Les convois sont accueillis dans les rues par des communautés désespérées et affamées. Les routes ont été détruites et les itinéraires sont truffés de munitions non explosées.
Les infrastructures d’entreposage et d’acheminement de l’aide ont aussi été endommagées. Les entrepôts sont inutilisables. Les chaînes d’approvisionnement commerciales n’existent plus.
Et les pannes de communication continuent d’entraver la coordination de l’acheminement des secours : l’UNICEF perd fréquemment le contact avec ses équipes sur place. Les familles de Gaza n’ont aucun moyen de savoir où trouver de l’aide.
De nombreux articles de première nécessité ne peuvent tout simplement pas atteindre le lieu de distribution prévu.
Pendant tout ce temps, les bombardements incessants ont confiné quelque 85 % de la population à des parcelles de terre inhabitables. Les abris des Nations Unies ont depuis longtemps dépassé leur capacité et les travailleurs humanitaires n’ont que peu de traces de l’endroit où les familles ont fui ou se sont réfugiées. La sécurité n’existe pas à Gaza. Les convois sont la cible de tirs. Les travailleurs humanitaires eux-mêmes ont été déplacés et tués, souvent au même titre que leurs familles.
L’UNICEF confirme les rapports selon lesquels l’aide humanitaire ne parvient pas à tous ceux à qui elle est destinée. Les retards de livraison représentent une condamnation à mort pour les enfants.
Nous fournissons des trousses médicales, des suppléments nutritionnels, des réserves d’eau, des tentes, des couvertures, des vêtements et plus encore. Toutefois, ce n’est pas suffisant. L’aide vitale échoue au milieu d’inspections prolongées et de couloirs d’accès limités. L’UNICEF réitère son appel en faveur d’un cessez-le-feu humanitaire immédiat.
10. Quelle est la réponse de l’UNICEF aux photographies circulant EN LIGNE faisant état de l’utilisation de ses boîtes de fournitures à d’autres fins, y compris, prétendument, pour entreposer des armes?
L’UNICEF fournit de l’aide humanitaire aux enfants de Gaza depuis plus de trente ans. Nous avons acheminé des camions remplis de fournitures scolaires, de trousses médicales, de suppléments nutritionnels, de vêtements et d’autres secours essentiels aux familles dans le besoin, avant et après le 7 octobre, conformément aux principes humanitaires internationalement reconnus.
De l’expédition à la livraison, notre personnel surveille et rend compte de la distribution des fournitures de l’UNICEF dans l’ensemble de la bande de Gaza. Notre priorité consiste à distribuer les articles essentiels aux enfants. Nous ne surveillons pas et ne pouvons pas surveiller l’utilisation ultérieure des boîtes de fournitures et autres conteneurs de l’UNICEF qui sont endommagés, jetés ou utilisés à mauvais escient.
La position de l’UNICEF demeure inchangée : toute utilisation abusive de l’aide humanitaire par les parties au conflit, quel qu’en soit le but, représente un mépris délibéré de la vie des enfants.
11. Quelles sont les mesures prises par l’UNICEF visant à contrer le détournement de l’aide?
L’objectif principal de l’UNICEF est de veiller à ce que les fournitures vitales parviennent aux enfants dans le besoin.
Forts d’une expérience de plusieurs décennies dans la prestation d’aide au sein d’environnements à risque élevé, nous savons qu’une certaine proportion d’articles de secours sera inévitablement perdue ou endommagée en cours de route. C’est pourquoi à Gaza, comme dans toutes les situations d’urgence, nous adoptons une approche « sans regret », en ajustant les interventions pour tenir compte du coût le plus élevé de l’échec, c’est-à-dire la souffrance prolongée des enfants et la perte de vies humaines.
Les mesures prises par l’UNICEF pour garantir la livraison des fournitures comprennent un suivi sur place effectué par notre propre personnel et des entrepreneurs tiers, un suivi numérique en temps réel, des rapports fréquents émanant de partenaires de la société civile sur place et des mécanismes de rétroaction communautaire qui permettent aux familles de communiquer directement avec nous.
À Gaza, le conflit actif compromet ces mesures. Les routes, les entrepôts et les infrastructures de télécommunication ont été détruits, ce qui limite notre capacité à coordonner avec nos partenaires. Les travailleurs humanitaires eux-mêmes ont été déplacés, blessés ou tués. Les pannes de réseau empêchent les familles de nous faire part des besoins urgents de leurs enfants ou de recevoir des indications sur la manière d’y accéder.
À l’heure actuelle, l’UNICEF fait état de la livraison d’articles de secours dans les entrepôts et autres points de distribution à Gaza. Nous surveillons également les réserves de carburant et de fournitures médicales en cours d’acheminement vers les hôpitaux. Pour les autres mesures de soutien, nous procédons à des échantillonnages aléatoires, sous réserve de la sécurité de notre personnel et de nos partenaires. Et lorsque des dommages ou des pénuries sont signalés, l’UNICEF récupère les pertes par le biais de ses assurances afin que les expéditions puissent continuer à être acheminées.
Les défis liés à l’acheminement de l’aide à Gaza sont nombreux. Mais les raisons pour lesquelles il faut persévérer sont encore plus nombreuses. Nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que nos fournitures parviennent aux enfants.
Cela signifie qu’il faut trouver un équilibre entre la gestion des risques et la criticité de l’aide, en coordination avec nos partenaires des Nations Unies. Un cessez-le-feu humanitaire immédiat nous permettrait de renforcer les mécanismes de surveillance et de communication de l’information et d’acheminer davantage d’aide aux enfants.
12. Quel est le rôle humanitaire de l’UNICEF au sein du système plus large des Nations Unies?
Les Nations Unies ont été fondées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale dans le but de promouvoir la paix et la sécurité internationales ainsi que les droits de la personne fondamentaux. Mandaté par l’Assemblée générale des Nations Unies, l’UNICEF œuvre à la protection des droits de l’enfant, en temps de paix comme en temps de crise.
Notre devoir de protection sous-tend tous les autres en période de conflit armé : l’UNICEF mène des opérations de secours d’urgence, en coordination avec ses partenaires des Nations Unies et d’autres intervenants humanitaires afin de répondre aux besoins vitaux des enfants et de contribuer à atténuer leurs souffrances.
Bien que cette action consolide celle d’autres organes de l’ONU, y compris ceux qui exercent des mandats dans le domaine de la paix, de la sécurité et de l’État de droit, son objectif central demeure la fourniture de soins de protection. L’UNICEF est solidaire du Secrétaire général des Nations Unies et de l’ensemble de la famille des Nations Unies en soutenant tous les efforts visant à mettre fin aux conflits. Quel que soit le camp de la violence, et à tous les égards, ce sont les enfants qui en pâtissent d’abord et avant tout.
13. Comment l’UNICEF et l’UNRWA travaillent-ils de concert à Gaza?
Partout où nous intervenons, l’UNICEF s’allie à des organisations de la société civile et à d’autres agences humanitaires pour contribuer à fournir davantage de secours à davantage d’enfants. À Gaza, nous travaillons avec l’UNRWA, l’agence de l’ONU chargée de fournir une aide vitale aux réfugiés à Gaza, en Jordanie, au Liban et en Syrie, afin d’élargir notre champ d’action.
L’UNICEF travaille depuis longtemps en partenariat avec l’UNRWA pour garantir que les enfants constituent une priorité dans le cadre des interventions humanitaires. Notre travail commun couvre des services essentiels qui aident à protéger les enfants des maladies, de la malnutrition et de la pauvreté, ainsi que des programmes d’éducation et de soins de santé.
À Gaza, l’UNICEF coordonne avec l’UNWRA l’approvisionnement en eau potable des familles déplacées, le traitement des enfants atteints de malnutrition sévère, les fournitures médicales et les vaccins destinés aux enfants dans les hôpitaux et les abris, ainsi que d’autres articles de première nécessité. Nous sommes également partenaires en matière de logistique pour l’acheminement de l’aide, y compris la livraison du carburant nécessaire à l’alimentation des usines de production d’eau et des hôpitaux.
Le personnel international de l’UNICEF à Gaza constitue une petite équipe dotée d’une immense responsabilité. Confronté à des défis et à des risques insurmontables, il se coordonne avec ses collègues de l’UNICEF dans le monde entier, qu’il s’agisse d’exploitants d’entrepôts à Copenhague ou de responsables de programmes à Amman, pour assurer l’acheminement d’un volume d’aide déjà considérable dans une zone de guerre. Nous ne sommes pas en mesure d’acheminer nos fournitures aux centaines de milliers d’enfants dans le besoin sans les ressources, l’infrastructure et l’expertise de nos partenaires de l’ONU et des ONG sur place.
Toute perte pour l’UNRWA signifie une perte pour l’ensemble de l’intervention humanitaire à Gaza. Les enfants ne sont aucunement responsables des actes inadmissibles perpétrés par les adultes, et pourtant on leur en fait subir les conséquences.
14. Que demande l’UNICEF?
L’UNICEF exhorte les dirigeants mondiaux à respecter les obligations qui leur incombent en vertu du droit international humanitaire et des droits de la personne afin de protéger les enfants qui subissent de plein fouet cette catastrophe sans précédent. Les enfants ont besoin d’un cessez-le-feu humanitaire maintenant. Consultez tous nos appels à l’action ici.