Les enfants oubliés du Kasaï, en République démocratique du Congo. | UNICEF Canada : Pour chaque enfant Skip to main content

En République démocratique du Congo (RDC), au Kasaï, 2,3 millions enfants sont en besoin urgent d’aide humanitaire. Plus de 400 000 enfants souffrent de malnutrition aigüe et risquent d’en mourir. Les enfants ont été témoins ou victimes de violences extrêmes et des milliers d’entre eux ont été forcés de rejoindre des milices armées. Ceux qui ont réussi à s’en réchapper essaient aujourd’hui de retrouver les semblants d’une vie normale.

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[© UNICEF/UN0162330/Tremeau]

Peut-on ignorer une telle tragédie? Peut-on oublier que les premières victimes sont encore et toujours les enfants?

En août 2016, les combats ont éclaté dans la région du Kasaï, une des plus pauvres régions de la RDC, à la suite du décès d’un chef coutumier tué lors d’affrontements avec des forces de sécurité. La région connait depuis une vague de violence qui persiste jusqu’à  aujourd’hui.

Les populations de cette région – déjà pauvre avant le conflit – ont pris la fuite; certains fuyant à travers les forêts. Leur venir en aide devient compliqué voire impossible. D’autres trouvent refuge dans leurs familles ou des communautés hôtes, elles-mêmes en situation de précarité.  

Ces populations, déjà vulnérables, le deviennent un peu plus chaque jour que les violences s’accroissent.

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[© UNICEF/UN0162330/Tremeau]

Survivre malgré la faim et la maladie – plus de 400 000 enfants souffrent de malnutrition aigüe

Près de 5000 cas de choléra ont été signalés dans la région, entraînant au moins 263 décès, ce qui constitue un taux de mortalité alarmant. Entre août 2016 et février 2018, plus de 220 centres de santé ont été pillés, brulés ou détruits, rendant l’accès aux soins de santé d’autant plus compliqué, voire impossible. La moitié des enfants en bas âge de la région souffre aujourd’hui de malnutrition chronique et nombreux d’entre eux risquent de mourir s’ils ne sont pas soignés de toute urgence.

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[© UNICEF/UN0162330/Tremeau]

Survivre à la violence – les enfants représentent 60% des forces miliciennes de la région.

Parce que ces violences ne suffisent pas, des milliers d’enfants sont enrôlés de force dans les groupes armés, forcés de se battre, de tuer, utilisés comme boucliers humains lors d’attaques. Quel que soit leur âge, les enfants « destinés à se battre » subissent un rite initiatique censé leur conférer des pouvoirs surhumains. Ces enfants, soldats malgré eux, sont victimes d’une situation qu’ils n’ont pas souhaitée. Lorsqu’ils sont capturés par les autorités, ils sont placés en détention dans des prisons pour adultes.

Ayant fui leur maison et leur village en toute hâte, des milliers d’enfants ont perdu leurs parents dans la fuite et se sont retrouvés isolés. Séparés de leur famille, 9000 enfants sont non accompagnés et ont besoin de soutien pour retrouver un « chez soi ».

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[© UNICEF/UN0162330/Tremeau]

Des enfants privés d’avenir – en 2017, près de la moitié des enfants de la région du Kasaï n’a pas pu finir sa scolarité.

Ces enfants, privés de soins et de nourriture, victimes de violences, sont également privés du droit d’apprendre, privés d’un lieu où ils sont censés trouver un peu de répit. Depuis le début du conflit, 100 écoles ont été détruites et 416 écoles primaires et secondaires ont été attaquées ou sont utilisées à des fins militaires.

Le risque permanent d’être la cible d’attaques et l’insécurité environnante ont forcé enfants et enseignants à se cloitrer chez eux ou à fuir.

Lors d’un conflit, l’éducation est souvent le premier service interrompu et aussi souvent le dernier à être rétabli. Or, l’éducation autonomise, elle équipe les enfants à vire mieux et connaitre leurs droits. Elle leur permet d’envisager un futur plus radieux, plus prospère, en paix. C’est un lieu de refuge où les enfants peuvent trouver le réconfort nécessaire pour se reconstruire et envisager un avenir quelque peu meilleur. C’est ce dont rêve Sankisha d’ailleurs : retourner à l’école, étudier. Fuyant les violences, elle a été forcée à avoir des relations sexuelles en échange de nourriture pour elle, son frère et sa sœur. « Il était vieux, il avait peut-être 27 ans. Il a commencé à m’insulter, me frapper ». Aujourd’hui enceinte, Sankisha va bientôt accoucher. L’école serait pour elle un retour à la « normale ».

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[© UNICEF/UN0162330/Tremeau]

Ne pas oublier les enfants du Kasaï

L’UNICEF demande à toutes les parties prenantes et à la communauté internationale d’œuvrer à l’arrêt de la violence faite aux enfants et à la cessation des attaques sur les structures médicales et les écoles.

Les enfants du Kasaï ont le droit de vivre leur enfance : aller à l’école, manger, recevoir leurs vaccins. On se doit de leur garantir l’accès aux services vitaux. Et pour ce faire, les organisations humanitaires doivent avoir accès à la région et aux communautés isolées.

Il nous faut agir dès maintenant pour répondre aux besoins à court terme, mais également réfléchir à une solution durable à plus long terme. Or cette solution ne sera possible qu’avec un financement à la hauteur des besoins immenses pour faire face à cette tragédie humaine.

Il faut agir pour que cette crise cesse et ne se répète jamais, pour que les enfants du Kasaï ne sombrent pas dans l’oubli.