Mettre fin au travail des enfants à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement | UNICEF Canada : Pour chaque enfant Skip to main content

Chaque jour à l’échelle mondiale, 152 millions de filles et de garçons sont exploités dans le cadre du travail des enfants. Sans réelles responsabilité et transparence, l’esclavage moderne et le travail des enfants risquent fort d’être présents dans les chaînes d’approvisionnement des entreprises canadiennes.

Le processus de la chaîne d’approvisionnement implique la transformation de ressources naturelles, de matières premières et de composantes en un produit fini livré au consommateur.

L’Objectif de développement durable 8.7 nous engage à mettre fin à toutes les formes d’esclavage moderne et de travail des enfants d’ici 2025, mais nous ne sommes pas en voie d’atteindre cet objectif. En raison du manque de transparence des chaînes d’approvisionnement, il est fort probable que les Canadiennes et les Canadiens achètent régulièrement des produits qui, à une étape ou à une autre de la chaîne, impliquent le travail des enfants.

Le gouvernement du Canada a le pouvoir d’agir maintenant, mais nous devons agir vite.

Voici cinq exemples de la façon dont le travail des enfants prive ces derniers de leurs rêves.

Au Nigéria, fouiller et récupérer des ordures pour gagner de quoi vivre pour la journée

Au Nigéria, les inégalités commencent tôt et deviennent plus marquées au fur et à mesure que les enfants grandissent. Dans le monde, 75 millions d’enfants ont vu leur éducation interrompue en raison d’un conflit. Les situations d’urgence complexes et les crises prolongées, causées par un conflit violent, des épidémies ou des catastrophes naturelles, y compris celles liées aux changements climatiques, ne font pas qu’interrompre temporairement la vie et la scolarité des enfants. Lorsque des familles sont forcées de fuir un conflit, elles laissent souvent tout derrière elles, ce qui signifie que les enfants doivent travailler pour aider leurs parents plutôt que d’aller à l’école.

UN016295.jpg
[© UNICEF/UN016295/Gilbertson VII Photo]

En 2016, Muhammad Modu, alors âgé de 15 ans et déplacé de Malori, fouille une décharge à la recherche d’objets vendables dans une enceinte protégée située à côté de la route principale qui traverse le Mairi Garage Market de Maiduguri, au Nigéria.

Muhammad passe en revue les ordures qui se consument dans ce quartier de la classe moyenne. Sous le soleil de plomb et avec la fumée qui dévore ses tongs en plastique, il a l’impression d’avoir le corps en feu. Mais le plus dur, dit-il, c’est d’attendre l’arrivée des rebuts. On ne sait jamais si on trouvera beaucoup de choses pour que l’attente en vaille la peine. Les déchets récupérés rapportent à Mohammad environ 40 nairas (0,20 $ US) par jour. Muhammad ne sait pas ce qu’il veut être lorsqu’il sera adulte, parce que, dit-il, il est impossible de penser à l’avenir quand on n’est pas dans le système scolaire.

Les enfants exploités dans les mines d’or au Burkina Faso

Au Burkina Faso, le travail des enfants constitue toujours un obstacle à la réalisation pleine et entière de leurs droits. En 2014, quelque 39 % des enfants du pays âgés de 5 à 14 ans travaillaient. L’une de ces formes de travail, à savoir l’extraction artisanale de l’or, expose les enfants à de nombreux risques, comme des blessures, des accidents ou des maladies, notamment à des infections du système respiratoire.

UNI162958.jpg
[© UNICEF/UNI162958/Nesbitt]

Boureima Hawma Boukoum, alors âgé de 15 ans, est descendu dans un puits de mine, à la mine Gorol Kadje, près de Dori, la capitale de la région du Sahel.

« Je travaille ici depuis deux ans. Chaque matin, lorsque je me lève, je commence à travailler dans la mine. Au cours de la journée, je peux remplir quatre à cinq sacs de pierre à traiter, puis je les vends et je me fais un peu d’argent », explique Boureima lorsque nous l’avons interrogé en 2014. Dans cette région frappée par la pauvreté, située au fin fonds de la ceinture aride du Sahel, le besoin de l’argent que rapporte l’extraction minière surpasse souvent les avantages de l’éducation. « J’ai commencé à travailler ici lorsque j’avais 13 ans, car il n’y avait pas de nourriture à la maison. Tout ce que je gagne, je l’apporte à mes parents », dit-il.

Donner une seconde chance aux enfants des rues au Bangladesh

Les enfants qui vivent et travaillent dans les bidonvilles de Dhaka, au Bangladesh, comptent parmi les enfants les plus vulnérables du pays. Beaucoup d’entre eux travaillent dans des conditions dangereuses, à ramasser les ordures sur la ligne de chemin de fer, à transporter les bagages des passagers au terminal portuaire, ou à travailler dans les usines de fabrication de ballons et d’aluminium.

UN0264613 (1).jpg
[© UNICEF/UN0264613/Lister]

Ces trois filles travaillent dans une décharge de Dhaka, où elles récupèrent des pièces de rechange ou des articles qui peuvent être recyclés pour d’autres usages. En vendant ces articles, elles peuvent ainsi gagner de l’argent qui leur permettra d’acheter de la nourriture pour elles et pour leur famille.

Pour lutter contre le travail des enfants au Bangladesh, l’UNICEF a mis en place le programme Second Chance Education, lequel offre aux enfants des rues la possibilité de fréquenter des écoles de fortune ou des écoles temporaires pendant quelques heures par jour. Après un an, ils sont réintégrés dans les établissements scolaires.

Les enfants syriens impliqués dans le travail des enfants en Turquie

Selon ce qu’indiquent les observations sur le terrain et les données disponibles, des enfants syriens, qui se sont retrouvés en Turquie après avoir fui le conflit en Syrie, sont engagés dans certaines des pires formes du travail des enfants, notamment en travaillant dans les rues, dans l’agriculture saisonnière, dans des petites et moyennes entreprises de fabrication de textiles ou de chaussures, et dans des ateliers de mécanique automobile.

UN0153928.jpg
[© UNICEF/UN0153928/Feyizoglu]

L’histoire d’Ibrahim, alors âgé de 13 ans, illustre bien comment les enfants sont privés de leurs rêves. « Si je n’avais pas à travailler ici, je passerais plus de temps à l’école. J’étudierais davantage et je deviendrais un enseignant une fois adulte », a-t-il déclaré.

Mettre fin au travail des enfants

En octobre 2018, le Comité permanent des affaires étrangères et du développement international de la Chambre des communes a publié un rapport sur les liens qui existent entre le travail des enfants et les produits et services achetés par les Canadiennes et les Canadiens. Ce rapport comprend une recommandation visant à adopter une loi qui incitera les entreprises à éliminer le travail des enfants dans leurs chaînes d’approvisionnement mondiales.

Le gouvernement du Canada examine actuellement le rapport et prépare sa réponse officielle pour février 2019. Il est donc crucial de faire savoir au gouvernement que vous appuyez la législation sur les chaînes d’approvisionnement visant à mettre fin au travail des enfants.