Tout près de chez moi | UNICEF Canada : Pour chaque enfant Skip to main content

*Les prénoms ont été changés pour protéger l’identité des individus.

Je me suis réveillée tôt ce matin-là et j’étais enthousiaste. Pendant la journée, les gens de ma paroisse allaient se rendre au centre-ville pour distribuer de la nourriture aux personnes dans la rue. J’étais heureuse leur venir en aide.

Venir en aide aux personnes en situation d'itinérance

Nous nous sommes réunis chez mon pasteur afin de préparer la nourriture et l’emballer dans des sacs. Je faisais partie de la chaîne de fabrication de sandwichs et nous nous amusions à chanter sur la musique qui jouait pendant que nous travaillions. Et ensuite, nous sommes partis! Ce qui s’est produit quand j’ai tendu mon tout dernier sac restera gravé dans ma mémoire. Nous venions de terminer notre journée après avoir marché et distribué de la nourriture pendant des heures. Nous avons alors décidé d’aller manger une bouchée avant de partir. Sur notre chemin, j’ai aperçu de l’autre côté de la rue un homme enveloppé dans une couverture. Mon pasteur et moi avons décidé de traverser et de lui donner ce qui nous restait pendant que les autres membres de l’équipe continuaient leur chemin. Il était jeune, beaucoup plus jeune que la plupart des autres personnes que nous avions vues pendant la journée. Il était assis, tête baissée, le regard fixé au sol, une tasse posée devant lui. Je me suis présentée et je lui ai demandé son nom, comme notre pasteur nous avait dit de le faire. Un moment de silence a suivi. Il a ensuite levé les yeux vers moi pour rapidement les baisser de nouveau. Rapidement, il m’a répondu : 

« Je m’appelle David*. » « Bonjour, David. Ça me fait très plaisir de te rencontrer. »

Autre silence. Ensuite, lentement, sa main tremblante s’est tendue vers moi. Je lui ai serré la main et pendant un instant son regard a croisé le mien. Nous lui avons offert de la nourriture, qu’il a acceptée, et nous avons dû ensuite partir rapidement. Néanmoins, aussi bref que fût ce moment, il est resté gravé dans ma mémoire. Il était à peine plus vieux que moi. Quelles circonstances l’ont amené à devenir un sans-abri? En quoi était-il différent de moi? J’allais à l’école alors qu’il était dans la rue. Après cette expérience, j’ai lancé une activité à mon école qui consiste à préparer des sacs de nourriture pour tous les jeunes d’un refuge local. C’est facile de penser que l’itinérance n’existe pas ici, que ce n’est pas un problème, dans un pays qu’on dit « développé ». Mais il reste que c’est beaucoup plus près de nous qu’on le pense.

Il est de notre devoir d’être conscients de cette situation, de contribuer à éliminer la stigmatisation qui entoure l’itinérance et d’améliorer l’accès à des ressources pour les moins fortunés.

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En vertu de la Convention relative aux droits de l’enfant des Nations Unies, les jeunes ont le droit de donner leur opinion, d’être pris au sérieux par les adultes et de s’exprimer de différentes manières, à moins que ce soit à leur détriment ou au détriment d’autrui. UNICEF Canada respecte les points de vue des jeunes lorsqu’ils s’expriment sur ce qu’ils voient ou vivent dans le monde qui les entoure, et l’organisme leur offre en ce sens des possibilités régulières et diverses dans le cadre de ses billets de blogue pour les jeunes (#EnfantsAuCanada) et d’autres plateformes.


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