David Morley au Honduras: il faut garder espoir | UNICEF Canada : Pour chaque enfant Skip to main content

Lire le premier billet de blogue de la visite de David au Honduras.

Aujourd’hui, nous roulons vers le sud depuis San Pedro pour passer la journée avec des enfants et des adolescents à Villanueva et Potrerillos. Après mon passage à la frontière la veille, je ne sais pas à quoi m’attendre. Pour être honnête, mes attentes étaient plutôt basses. Je n’étais donc vraiment pas préparé pour ce que j’allais ressentir à la fin de la journée… inspiré, encouragé et impressionné par les jeunes de ces communautés où la vie est si difficile. 

Nous nous sommes d’abord arrêtés à Villanueva. C’est une localité qui s’est construite autour des maquillas, ces usines qui emploient des travailleurs sous-payés. À travers les rues poussiéreuses que nous traversons, je découvre une ville plus tranquille que ce à quoi je m’attendais. J’ai ensuite remarqué plusieurs maisons inhabitées et je me suis rappelé ce que Mark [le représentant de l’UNICEF au Honduras] a dit la veille : « Beaucoup de gens ont migré et ceux qui sont toujours ici ne sortent pas beaucoup parce qu’ils ont peur de la violence. »

Des programmes parascolaires pour aider les enfants

L’école primaire locale compte pourtant beaucoup d’élèves. L’UNICEF travaille en collaboration avec la Croix-Rouge locale afin de former des adolescentes et adolescents bénévoles qui animent des programmes parascolaires pour les enfants qui souffrent de traumatismes liés à la violence et à la migration. Le directeur de l’école et les enseignants apprécient beaucoup ces programmes.

« Nous constatons que ces programmes améliorent beaucoup la situation. Les enfants qui reviennent après des tentatives de migration en tirent profit. Les enfants dont les parents sont à l’étranger et les enfants qui ont souffert de la violence en bénéficient aussi. Ces enfants se comportent mieux en classe qu’avant, ils ne se battent plus autant entre eux et se concentrent davantage sur leurs apprentissages. On voit une grande différence depuis leur arrivée ici. »

Ces bénévoles m’ont impressionné. Ce sont des enfants du coin qui pourraient être dans des gangs, mais qui font plutôt du bénévolat. « Ces adolescents et adolescentes souffrent, eux aussi. Ils ne savent pas ce que l’avenir leur réserve. L’un des bénévoles a même quitté le pays hier. Ces jeunes subissent beaucoup de pression pour se joindre aux gangs. C’est pourquoi la formation psychosociale qu’ils reçoivent pour s’occuper des plus jeunes les aide, eux aussi », me dit doucement Marjorie, une collègue de l’UNICEF qui coordonne le programme.

J’ai demandé à des bénévoles pourquoi ils s’engagent ainsi. « Les enfants nous procurent du bonheur et partagent leur joie. Cela fait partie des changements que nous observons chez eux depuis qu’ils sont ici. À son arrivée, l’un des jeunes ne dessinait que des scènes de tuerie et des armes. Il est progressivement passé à autre chose et peut maintenant jouer avec les autres », explique l’un d’eux.

José, de son côté, se confie avec un sourire timide : « Quand j’ai appris que nous serions avec la Croix-Rouge, j’ai tout de suite pensé que j’allais peut-être pouvoir monter dans une ambulance! C’était il y a quatre ans. Aujourd’hui, j’aime être avec les enfants et mes amis. C’est bon pour notre communauté. Ça ne me dérange même pas de ne pas m’être promené en ambulance. »

Je me demande tout de même comment ils peuvent être aussi optimistes, malgré les gangs et les possibilités d’emploi limitées. Un autre bénévole, Francisco, se fait philosophe. « C’est le calme après la tempête. Nous aidons ces enfants à traverser leur tempête intérieure et à leur faire réaliser ce qu’est la sérénité et ce que l’avenir peut leur apporter. »

Puis, un bénévole jusque-là tranquille s’emporte. « C’est le Honduras que nous voulons. Ces jeunes sont la base de notre avenir. Nous voulons leur faire comprendre qu’il ne faut pas abandonner. Lorsque je vois l’un d’entre eux tenter quelque chose de nouveau et réussir, cela me donne de l’espoir. »

De l’espoir. Au milieu d’une communauté dure, qui a été le théâtre d’échanges de coups de feu... on parle d’espoir. C’est loin de ce que je pensais trouver ici, mais les rires des enfants et l’optimisme des bénévoles me permettent d’avoir espoir.

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Un réseau de jeunes journalistes pour soutenir la communauté

À Potrerillos, un autre groupe d’environ 30 adolescentes et adolescents est venu renforcer cette lueur d’espoir. Ils appartiennent au réseau Enfants et Jeunes Journalistes, mais ils représentent beaucoup plus. Ils forment maintenant une équipe de jeunes qui œuvrent afin de soutenir leur communauté. Parfois, ils revendiquent des changements comme la fermeture d’un égout dont les eaux usées passaient à travers la ville, et parfois ils tiennent des ateliers sur l’intimidation et organisent des journées de nettoyage des parcs. Ils sont même venus en aide aux familles affectées par le virus Zika et dont les enfants sont atteints de microcéphalie.

Ils ont mis sur pied une ligue de soccer pour les petits et exigé la présence d’un conseiller jeunesse à la clinique locale; quelqu’un à qui ils peuvent se confier et poser des questions sur les changements corporels qui surviennent à l’adolescence et parler de leurs émotions. Ils font partie d’une troupe de danse traditionnelle qui, l’an dernier, a gagné une compétition de danse au El Salvador. Ils animent même une émission hebdomadaire de télévision consacrée aux problèmes qui touchent les enfants et les jeunes.

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Évidemment, ils m’ont confié que la vie ici est difficile. Certains d’entre eux ont déjà migré et ensuite été renvoyés au Honduras. Malgré cela, ces jeunes refusent de se laisser abattre par les difficultés auxquelles ils font face. Ils prennent autant de contrôle sur leur vie qu’ils le peuvent. À mesure que je les écoute, je ne peux m’empêcher de sourire devant leur enthousiasme. Je peux voir que bâtir un autre Honduras est possible.

« Nous avons mis ce programme sur pied nous-mêmes, mais une grande partie du financement permanent vient des conseils municipaux. Une centaine de localités comptent des équipes comme celles-ci. Nous les soutenons grâce à des psychologues et en encourageant le travail des jeunes. Nous nous assurons que ces communautés consacrent une juste part de leur budget à ces projets. Cela représente pour nous un premier pas vers la durabilité », explique Hector, un collègue de l’UNICEF au Honduras.

« Ce n’est cependant pas encore assez », continue-t-il. « Ces jeunes sont remarquables et il faudrait davantage d’équipes comme celle-ci pour que le pays s’améliore. C’est comme une campagne d’immunisation, ces enfants sont protégés, mais il doit y avoir plus initiatives comme celle-ci si nous voulons mieux nous protéger contre le crime organisé, la violence et la migration », explique-t-il.

Je suis d’accord, il faut en faire plus. Si chaque Canadienne et Canadien pouvait rencontrer ces jeunes gens, les écouter parler de leurs problèmes et voir à quel point ils sont déterminés à les surmonter, ils seraient alors aussi remplis d’espoir et d’admiration que moi.

L'UNICEF est présent au Honduras, au Guatemala, au Salvador et au Mexique afin d'aider les enfants touchés par la violence et la pauvreté. Faire un don >>

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