La violence reliée aux gangs, le crime organisé et la pauvreté extrême font partie de la vie quotidienne de millions d’enfants du nord de l’Amérique centrale, notamment des enfants du El Salvador, du Guatemala et du Honduras, ainsi que du Mexique. Alors que des familles prennent la difficile décision de partir en n’emportant que l’essentiel et d’entreprendre un voyage en voiture, en camion ou à pied, il est essentiel de se rappeler qu’ils ont tous une chose en commun : peu importe d’où ils viennent et la manière dont ils arrivent à destination, ils recherchent tous une vie meilleure et ont désespérément besoin de soutien.

Malheureusement, beaucoup de familles qui essaient d’échapper à des situations désespérées sont victimes, lors de leur parcours migratoire, de nouveaux traumatismes. Pendant leur long périple à l’issue incertaine, elles font face à des risques d’exploitation, de violence et d’abus. Les migrants en transit peuvent être arrêtés ou enlevés, ou une fois à destination, être détenus et renvoyés aux mêmes (ou pires) problèmes qui les ont initialement poussés à partir.

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[© UNICEF/UN0278797/Bindra]

Une mère lave son bébé en attendant un visa humanitaire à la frontière entre le Mexique et le Guatemala, à Ciudad Hidalgo, au Mexique. Même si le Mexique implante graduellement des mesures pour protéger les droits des enfants, comme l’accord de visas qui permet aux migrants de séjourner au Mexique, de travailler et d’accéder à des services sociaux, les défis persistent. Environ 68 000 enfants ont été détenus au Mexique entre 2016 et avril 2018. De ce nombre, 91 % d’entre eux ont été déportés vers l’Amérique centrale.

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[© UNICEF/UN0278796/Bindra]

Mariza et ses filles, Scarlet et Maria, ont fui le Honduras à la suite de violences et de menaces de mort qu’elle a subies de la part de son époux. Elle espérait voyager de Tecun Uman, au Guatemala, à New York, où réside la famille de ses amis. L’UNICEF a renforcé la capacité des mesures de protection des enfants de la région afin d’identifier les enfants affectés par différentes formes de violence et de les aiguiller vers du soutien psychosocial et des services de consultation familiale.

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[© UNICEF/UN0278798/Bindra]

Maria, âgée de 22 ans et venue du Honduras, donne le sein à son enfant de cinq mois, Joseph, en attendant leur visa humanitaire, à Ciudad Hidalgo, au Mexique, à la frontière entre le pays et le Guatemala. « Le gouvernement et le peuple mexicains ont été pour la plupart accueillants envers les milliers d’enfants et les familles qui traversent leur frontière chaque jour », affirme Paloma Escudero, directrice des communications de l’UNICEF.

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[© UNICEF/UN0278774/Bindra]

Une bénévole d’une organisation non gouvernementale soutenue par l’UNICEF joue avec des enfants au refuge St. Augustine, à Tapachula, au Mexique. Les bureaux de l’UNICEF dans le nord de l’Amérique centrale et du Mexique agissent en partenariat avec des organismes de la société civile, des écoles et des centres locaux afin de fournir aux enfants des activités et des opportunités créatives qui contribuent à les maintenir à l’abri des préjudices.

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[© UNICEF/UN0278772/Bindra]

« Je sens qu’on ne m’a jamais donné la possibilité de réaliser mes rêves. Je crois pouvoir trouver un avenir en Amérique », estime Maria (pseudonyme), âgée de 17 ans et originaire du Honduras. Elle veille sur son jeune fils tout en surveillant l’état d’avancement de sa demande de visa humanitaire dans un refuge pour les filles migrantes non accompagnées soutenu par l’UNICEF à Tapachula, au Mexique. Elle affirme devoir rester au refuge jusqu’à ses 18 ans même si elle veut plus que tout traverser la frontière vers les États-Unis.

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[© UNICEF/UN0278784/Bindra]

Jahir, âgé de huit ans et venu du Honduras, brandit un dessin qui dépeint son droit d’avoir accès à de la nourriture au refuge St. Augustine de Tapachula, au Mexique. « Que ces enfants restent au Mexique ou se dirigent vers le nord, il est crucial qu’ils restent avec leur famille, ce qui les tient loin des centres de détention », soutient Paloma Escudero. L’UNICEF soutient l’implantation de refuges « porte ouverte » pour les enfants migrants et réfugiés où ils reçoivent des services psychosociaux, de l’éducation, des soins de santé et de l’aide juridique.

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[© UNICEF/UN0278768/Bindra]

La mère de Jennifer a été tuée par un gang il y a deux ans. Une bénévole d’une organisation non gouvernementale du refuge St. Augustine la serre dans ses bras après son voyage avec trois de ses frères et sœurs depuis San Pedro Sula, au Honduras. L’UNICEF et ses partenaires gouvernementaux réclament l’ajout au Mexique de programmes pour les enfants en déplacement, ce qui permet aux membres de familles telles que celle de Jennifer de demeurer ensemble. Elle a dessiné des images de son périple.

Il existe des approches éprouvées telles que la mise sur pied d’espaces sûrs et de possibilités d’éducation, de divertissement et de formation professionnelle qui aident les enfants en déplacement. Ces mesures permettent de travailler à éliminer certaines des sources de migration irrégulière. L’UNICEF continue d’agir avec les gouvernements pour atténuer les conditions qui poussent les familles à quitter leur foyer en quête de sécurité et de stabilité. Notre objectif demeure toujours la protection des enfants pendant leur long voyage.