La Convention des droits de l’enfant, 30 ans plus tard | UNICEF Canada : Pour chaque enfant Skip to main content

Le président et chef de la direction d’UNICEF Canada, David Morley, était récemment à New York pour l’Assemblée générale annuelle des Nations Unies (AGNU). Dans l’avion qui l’a ramené à Toronto après l’événement, il a rédigé les mots qui suivent, afin de raconter son expérience lors de cette AGNU et d’expliquer son incidence sur le travail que nous faisons à UNICEF Canada:

L’ONU – en fait, tout Manhattan – est en pleine effervescence lorsque l’Assemblée générale se réunit. Sur le chemin en provenance de l’aéroport de LaGuardia, on peut lire des panneaux disant « Durant la semaine de l’ONU, évitez de conduire votre voiture ». Les cortèges de voitures défilent sans relâche et les voitures de police et les fourgonnettes des médias se bousculent pour trouver une place en face du bâtiment de l’ONU.

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[© David Morley]

Des activités ont lieu tout au long de la semaine, et, ce matin, nous soulignons un événement très spécial : le 30e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant. Des enfants et des diplomates parlent de l’importance de la Convention et racontent l’histoire de sa création : de Janusz Korzack, un enseignant et écrivain polonais mort dans un camp de concentration, qui fut l’un des premiers à écrire sur les droits de l’enfant, à la Déclaration relative aux droits de l’enfant qui a été adoptée par l’ONU en 1959, en passant par l’Année internationale de l’enfant en 1979, qui a donné l’élan à la transformation de la Déclaration en traité relatif aux droits de l’Homme, puis à l’adoption de la Convention relative aux droits de l’enfant par les Nations Unies en 1989.

Tant de choses ont changé pour les enfants au cours des trente années qui ont suivi l’adoption de la Convention. En effet, beaucoup de belles choses ont été accomplies et, comme c’est souvent le cas, nous avons oublié tout le dur labeur nécessaire à la réalisation de ces changements positifs. Cela dit, il est bon de se rappeler les progrès que nous avons accomplis.

Le nombre d’enfants qui meurent avant l’âge de cinq ans a été réduit de moitié depuis la signature de la Convention. La malnutrition chez les enfants, et donc les effets dévastateurs du retard de croissance sur leur vie, a également été réduite de 50 %. Plus d’enfants que jamais dans l’histoire de l’humanité sont scolarisés, et ce, tant à l’école primaire que secondaire. La Convention relative aux droits de l’enfant a été le document qui a joué un rôle fondamental en tant que moteur de changement. On ne soulignera jamais assez l’importance de cet outil dans le cadre de cette transformation.

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Un exemple de salle de classe durable construite en briques de plastique recyclées, qui était installée sur le terrain des Nations Unies [© David Morley]

Nous oublions, je pense, combien il a été difficile de relever ces défis. Nous oublions le chemin que nous avons parcouru dans la lutte pour les droits de l’enfant, mais nous ne devons pas oublier le chemin qu’il nous reste à parcourir.

Les éléments fondamentaux de l’enfance (survivre, apprendre, s’épanouir, grandir et développer un sentiment d’appartenance) sont encore hors de portée pour beaucoup trop d’enfants. De plus, le système économique robuste qui a contribué à alimenter les progrès réalisés est menacé, tout comme la perspective de progrès plus importants dans l’avenir. L’inégalité des revenus et la crise environnementale, deux tendances qui n’avaient pas été envisagées il y a 30 ans, mettent en péril le bien-être des enfants.

Et ce n’est pas tout. Internet, qui commençait à peine à se développer au-delà d’un outil de recherche pour les universitaires en 1989, a conduit à la technologie de l’information, grâce à laquelle les enfants ont maintenant accès à l’éducation et à l’apprentissage comme jamais auparavant, en plus de disposer d’un moyen nouveau et puissant pour s’exprimer. Cette nouvelle technologie fait toutefois planer de nouvelles menaces sur la sécurité et la santé mentale. Sans oublier que plus d’enfants sont en mouvement aujourd’hui qu’à tout autre moment depuis la Deuxième Guerre mondiale : comment vont-ils apprendre? Comment les protéger de la violence et de l’exploitation? Où trouveront-ils un foyer?

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[© David Morley]

La Convention relative aux droits de l’enfant devrait être célébrée comme elle l’a été ici à l’ONU aujourd’hui. Aucun autre document de l’ONU n’a transformé autant de vies. L’UNICEF étant le seul organisme mentionné dans la Convention, c’est notre privilège et notre responsabilité de faire respecter ce traité, de le promouvoir et de veiller à ce que son libellé soit plus que des mots : il faut faire en sorte qu’il mène à des actions concrètes dont bénéficient les enfants du monde entier.

Nous avons besoin des valeurs sur lesquelles reposent ce traité pour survivre en cette ère marquée par une hausse du nationalisme au détriment de l’internationalisme, alors que l’idéalisme des « mondialistes » est ridiculisé par les politiciens de nombreux pays dont la coopération et le leadership ont jeté les bases mêmes de la paix et de la prospérité dont nous avons bénéficié depuis la création de l’UNICEF au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale.

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Des jeunes défenseurs des droits de l’enfant qui ont pris la parole lors d’un événement soulignant le 30e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant sont photographiés après avoir prononcé leur discours devant l’Assemblée générale. [© David Morley]

Nous ne connaissons pas les défis auxquels les enfants devront faire face dans 30 ans, tout comme les rédacteurs de la Convention n’auraient pas pu prévoir le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Toutefois, à mesure que nous avançons, nous devons rester fidèles aux valeurs de la Convention et nous efforcer de créer un monde plus juste, un monde offrant des chances égales, un monde de paix, et ce, pour chaque enfant.